• Johanne Labbé

Femmes, Thé, Entraide et Solidarité: l'histoire derrière...

Mis à jour : janv. 5

Voici ma dernière toile, 《Femmes, Thé, Entraide et Solidarité》, matériaux mixtes, 20 po. X 20 po., canevas galerie, 2019. Prix sur demande par message privé au jlabberedaction@gmail.com.

Cette toile est inspirée de ma grand-mère Audélie Audet-dit-Lapointe, et plus globalement du réseau d'amies, de soeurs, de belles-soeurs et de cousines que les femmes se sont toujours créé autour d'elles, afin de partager et de s'entraider. Elles se réunissent depuis la nuit des temps, tout en pratiquant la couture, le tricot, la broderie, le tissage ou le reprisage.

Installées autour d'une théière fumante, elles accomplissent sans prétention ce rituel de réconfort et de convivialité. Ma grand-mère Audélie, à laquelle je vous sens déjà attachés, a élevé 4 enfants seule, ayant congédié mon grand-père lorsqu'il s'est avéré tardivement bigame, après la réception d'un mystérieux colis. Audélie cousait des gants pour une manufacture de 4 à 6 heures du matin chez elle, puis préparait le petit-déjeûner de ses enfants, accueillait des pensionnaires travailleurs de nuit qui dormaient dans les lits des enfants partis à l'école. Elle gardait également des enfants em bas âge toute la journée. Les pensions alimentaires n'existaient pas. Ainsi, elle réutilisait sa poche de thé toute la journée, voire deux-trois jours.

Ma fille, ses amies et ses cousines, aujourd'hui dans la vingt-trentaine, carburent au même rituel, dans une version nouvelle de la théière, avec leurs pots Mason, leurs thés verts, macha, tisanes et kombucha. Et les petites mains habiles s'activent toujours avec des cliquetis d'aiguilles, échangeant des confidences, des trucs et des recettes de produits ménagers ou cosmétiques bio maison.

Cette filiation a, de tous temps et en tous lieux, favorisé une meilleure qualité de vie de ces femmes, de leurs familles et ultimement des sociétés. La part de la cohésion sociale attribuable à ce réseau informel est significative et souvent sous-estimée.

Moins facile à perpétuer en grande cité, il survit malgré tout dans la prolifération d'ateliers, de cours, de retraites, où la pratique du yoga voisine celle des arts textiles.

La vie professionnelle de plus en plus exigeante et précaire des femmes, (comme celle des hommes par ailleurs), additionnée aux tâches familiales, tend à raréfier la disponibilité pour ces réunions rituelles. Cependant il me semble que le besoin demeure et que le réseau informel revient à l'horaire dès que le rythme ralentit.

J'admire le travail discret de ces mains agiles depuis toute petite. Je vénère la beauté des objets auxquels il donne vie. J'adore voir les jeunes mamans acheter des vêtements d'enfanrs usagés sur des groupes virtuels, version contemporaine de la passation des vêtements des plus vieux aux plus jeunes dans les anciennes familles nombreuses.

C'est ma première toile sur le sujet, mais certainement pas la dernière😉.

《Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo jlabbe1959 ».

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