DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

 

 

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L’art visuel et la littérature ont toujours été́ au cœur de la vie de Johanne Labbé. Le dessin au crayon de mine marque ses premières esquisses d’enfant, réalisées sous l’influence de son père, doué en dessin. Amoureuse des mots comme sa mère, du crayon et du papier à l’image de son père, du fil et de l’aiguille affectionnés par sa grand-mère, l’artiste crée comme on raconte une histoire.

Enfant, elle admire Gustave Doré  illustrant les Fables de La Fontaine et frissonne devant les illustrations des livres de la Comtesse de Ségur. Jeune femme, elle découvre que les impressionnistes comprenaient aussi des femmes: Marie Cassatt, Berthe Morisot... Elle tombe en amour avec Miro et les peintres modernes, puis découvre  Sonia Delaunay dans un monde presqu’exclusivement masculin. Au Québec, elle admire Marcelle Ferron, signataire du Refus Global, et ses vitraux du métro Champs de mars à Montréal. En art contemporain,  elle suit le travail de la jeune montréalaise Cindy Phénix, dont elle aime le processus créateur à la rencontre des femmes de toute provenance.

Elle lit et récemment, relit les écrivains Marcel Proust, Colette, Simone de Beauvoir, Gabrielle Roy, Jaques Ferron et Michel Tremblay. Ses lectures inspirent ses créations picturales. 

Trois thématiques lui sont récurrentes: l’histoire et la vie des femmes, la nature en péril et les personnages qui hantent son imaginaire.

Le plaisir de créer se manifeste chez Johanne Labbé dans l’expression de son vécu, de ses apprentissages et de ses réflexions. Les étapes de création se succèdent de manière singulière. Compte tenu de son handicap visuel récent, elle relit ses auteurs fétiches grâce à des livres audio en format Daisy de la BANQ. Elle  s’imprègne de leur propos et du contexte qui leur est propre.  Si des personnages surgissent, elle les dessine et redessine, munie de loupes et de lunettes de bijoutier, sans compter les heures. Ensuite elle les découpe et ils deviennent éléments de la toile au même titre que les autres matériaux. En parallèle, elle manipule, déchire, plie et retourne des papiers d’Arche, de riz ou de soie, des morceaux de porcelaine brisés et des tissus qui l’interpellent, lin, coton, soie. Une fois constitué le casse-tête exprimant son idée maîtresse ou l’histoire racontée, elle applique l’encre de chine et le lavis aux papiers retenus et maroufle les matériaux sur la toile. Elle ajoute souvent un ou des mots, une phrase poétique de son cru, ou un extrait découpé d’un dictionnaire ou d’un livre papier.

 

Elle privilégie l’encre pour sa transparence et ses lavis, le graphite pour sa souplesse, le papier d’Arche, de riz ou de lin pour leur pureté brute naturelle, leur souplesse et leur texture. La technique de marouflage est inhérente au processus. Elle inclut parfois des morceaux de porcelaine brisés ou des tessons de verre polis récoltés sur les berges du Saint-Laurent ou du Saguenay, pour les secrets qu’ils recèlent, les scénarios que chacun peut construire sur le mystère de leur parcours. De nature analytique, elle donne un sens à chaque bribe du tableau, mais souhaite laisser le spectateur libre d’y apposer le sien propre.

 

Johanne Labbé s’investit avec bonheur et intensité dans ses créations. Elle se dit heureuse si elles parviennent à émouvoir, à faire sourire, à stimuler une réflexion ou à déstabiliser à l’occasion.

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